Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 17:19
Nous vivons à une époque où la rapidité est considérée comme étant la seule norme admissible en matière de travail.
Les choses doivent être faites vite et bien : c'est le syndrome internet, quelques clics et on obtient le résultat.
Pour un expert en évaluation immobilière, la mise en oeuvre des différentes méthodes d'évaluation peut jeter le trouble dans son esprit.
En effet, si la stricte application des diverses méthodes suffisaient pour évaluer un bien immobilier, il suffirait d'utiliser les outils gratuits fournis sur la "toile" pour connaître la valeur d'un bien immobilier.
Depuis 1989, je suis expert en évaluation immobilière et j'ai constaté qu'après visite du bien à évaluer et calcul selon les différentes méthodes, j'avais besoin d'un temps pour "mûrir" la valeur définitive.
C'est en quelque sorte "le temps de l'expert".
Cette méthode est aux antipodes de celles qui donnent le résultat dès que l'on clique sur son écran.
L'expérience du professionnel et son ressenti sont des facteurs qui permettent de faire la différence entre la machine et l'homme.
Parce que l'homme n'est pas une machine, l'expert immobilier est un technicien qui a besoin de temps pour justifier la valeur qu'il retient.
De plus, selon les cas, la tentation est de se laisser aller à telle ou telle méthode et de valider telle ou telle valeur.
C'est le cas des biens loués dont le loyer conditionne, mais pour une part seulement, la valeur du bien.
Bien sûr, lorsque le client tente "d'orienter" l'expert vers une valeur, il est important de prendre de la distance et de ne pas succomber à la facilité qui consisterait à faire ce que veut le client...
Dans certains cas, l'expert doit prendre position face à des valorisations discordantes selon les méthodes utilisées.
Là encore, la prise de recul passe par du temps à laisser passer.
La valeur d'un bien se détermine après que l'expert ait "mijoté" son rapport.
L'expert en évaluation immobilière : un homme qui se hâte lentement. 
 
Par Douglas TABET
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 15:14
C'est l'histoire d'un  propriétaire qui a reçu un congé de son locataire. Ce bailleur fait la tournée des agences immobilières proches de l'immeuble où se trouve le logement à relouer. Une agence située près du logement à louer lui adresse un mandat de location avec partage de la commission : 50% pour le bailleur, 50% pour le propriétaire.

Voici la réponse du bailleur :

Monsieur,
J’ai bien reçu votre dossier mais vos commissions ne correspondent pas à ce que je traite habituellement, je ne paie pas pour ma part en tant que bailleur, seul le futur locataire prend en charge un mois de loyer.
Par conséquent, je ne donne pas suite sauf si vous révisez votre proposition.
Cordialement.

Voici la réponse faite par le professionnel :

Madame,
La réglementation en vigueur fait obligation de faire supporter la moitié des honoraires entre bailleur et preneur pour les locations entrant dans le champ d'application de la loi de 1989.
La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) a qualité pour opérer des contrôles inopinés dans les agences immobilières.
La sanction est de 1.500 € par infraction relevée : en l'espèce si une autre agence vous propose de ne rien payer et que le locataire paye, cela fait deux fraudes donc 3.000 € ainsi qu'un dépôt de plainte au pénal contre l'agence immobilière coupable de ces faits.
De plus, la commission perçue par l'agence serait restituée au locataire car contraire à la loi.
Si des confrères aiment faire du hors piste, pour notre part nous restons simplement dans le strict domaine de la réglementation applicable.
Bien sûr, il est possible de "négocier" nos honoraires, mais dans ce cas la négociation doit profiter aux deux parties. Si vous ne payez rien, le locataire ne doit rien payer non plus.
Vous comprendrez facilement que travailler pour rien ne présente pas vraiment d'intérêt.
De plus, avoir recours à un professionnel qui ne se fait pas payer est pour le moins suspect ne pensez vous pas?
Je vous laisse méditer à tout cela.
Bonne fin de journée.

Le partage des honoraires est une disposition d'ordre public de la loi de 1989 sur les locations : en clair, il n'est pas possible d'y déroger.
Par Douglas TABET
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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /2009 11:35
Crise ou pas, la vente immobilière de logements est saisonnière.
La saison commence au début du printemps et se termine à la fin de l'été.
Cette saisonnalité est due au calendrier scolaire.
Les enfants commencent la nouvelle année scolaire en septembre et les parents font en sorte de déménager en juillet/août.
Cette saisonnalité existe depuis plusieurs décennies et vient en quelque sorte fausser les prévisions.
Globalement, le volume des ventes a baissé en 2009 par rapport à 2008 de même que les prix.
Quand vous êtes en position "vendeur", l'intérêt est de se mettre sur le marché dès le début du printemps.
Quand vous êtes en position "acquéreur", la meilleure période de l'année est entre novembre et janvier qui correspond à la période creuse (basse saison).
Un investissement immobilier engage pour de nombreuses années (10 à 12 ans en moyenne) : aussi, une planification peut revêtir des avantages en cette période de manque de lisibilité du marché à court terme.
Différer un achat à l'automne permet d'avoir moins de tension sur le marché de l'offre et de la demande.
Dans un contexte plus serein, il est plus aisé d'opérer un choix et de négocier avec le vendeur.
Ce qu'il faut retenir : immobilier et précipitation ne font pas bon ménage.
Prendre son temps permet de mûrir sa décision en évitant de céder à la pression mercantile.
En cas d'intérêt de votre part pour un logement, abordez rapidement le prix avec votre vendeur.
Il est inutile de faire savoir à votre vendeur que le bien vous plaît car le simple fait d'aborder la question du prix signifie que vous avez de l'intérêt pour le logement.
Si vous passez par un professionnel, donnez lui vos instructions d'achat : il vous conseillera si vous êtes trop bas.
Si vous traitez directement de particulier à particulier, fixez-vous un prix idéal et un prix plafond que vous ne dépasserez en aucun cas.


Par Douglas TABET
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /2009 09:22

La question se pose à tout un chacun lorsque le moment vient de vendre son logement.

Premier réflexe : je passe une annonce dans un support de particulier à particulier.

Pourquoi? Tout simplement parce que nous vivons à une époque où il est prôné le "c'est facile".

En clair, faites-le vous-même, c'est facile, ce n'est pas cher et cela vous fait économiser la commission d'agence immobilière. A ce stade du raisonnement, il n'y a que des avantages : facile, pas cher et économie de commission.

Dans ce cas, vous êtes-vous posé la question de savoir pourquoi existent les agences immobilières? Et pourquoi une transaction sur deux passe par un professionnel?

La connaissance du marché immobilier local nécessite une pratique régulière.

Le domaine de l'immobilier en général et du logement en particulier fait l'objet d'une réglementation galopante qu'il est difficile d'appréhender dans sa globalité lorsque l'on s'intéresse ponctuellement à ce secteur d'activité.

Un mythe existe dans l'inconscient collectif : un particulier est honnête et un professionnel est un escroc en herbe.

Force est de constater que le particulier n'étant pas objectif sur son logement, il aura tendance à mettre en avant les avantages, taisant les inconvénients.

Un particulier n'a que son logement à vendre : s'il râte la vente il ne peut pas proposer un autre logement à la personne qui visite.

De sorte qu'un particulier n'a le droit qu'à un seul coup : "one shot" en anglais.

Faire visiter soi-même son propre bien, c'est s'exposer à la critique du visiteur.

Quant à la détermination du prix, les informations disponibles sur le net et dans la presse spécialisée ont entre trois et six mois de décalage par rapport au moment de la transaction. En effet, les notaires publient avec trois mois de retard les prix d'un trimestre donné, lesquels prix reflètent ceux pratiqués trois mois plus tôt (la durée moyenne entre date de signature de l'avant contrat et date de vente chez le notaire).

Dans un marché à tendance "baissière", il est assez difficile de "prédire" l'avenir en regardant dans son rétroviseur.

Seul un professionnel sur le terrain chaque jour peut connaître en temps réel la valeur d'un bien donné en un secteur donné.

Quant un particulier se met d'accord avec un autre particulier, il faut "acter" cet accord : la signature d'un avant-contrat est nécessaire.

Là également, les kits proposés par les officines de particulier à particulier supposent une connaissance préalable de la pratique juridique.

Quand on sait que l'avant-contrat se doit d'être complet, l'acte authentique pardevant notaire n'étant que la reprise des termes de cet avant-contrat, l'amateurisme n'a pas sa place.

Il est important de mesurer les enjeux d'une transaction immobilière.

Contrairement à ce que veulent faire croire certains, vendre un bien immobilier n'est ni simple, ni facile.

Le consommateur (l'acheteur) est "bardé" de tout un ensemble de mesures protectionnistes et les conditions suspensives diverses et variées sont là pour éviter tout dérapage.

Un point important et non des moindres : un particulier n'étant pas un professionnel de l'immobilier il ne peut se prévaloir d'aucune garantie vis-à-vis du candidat acquéreur.

L'agent immobilier exerce une profession réglementée par un texte du 2 janvier 1970 et un décret d'application du 20 juillet 1972 : il s'agit de la loi Hoguet du nom de son rapporteur.

L'idée qui a prévalu était qu'un professionnel devait être couvert par une police d'assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) d'une part et que les fonds qu'il détenait dans le cadre de ses activités d'intermédiaire soient garantis financièrement.

Aussi, tout agent immobilier détient une carte professionnelle délivrée par l'état qui mentionne les coordonnées de la RCP et indique le montant maximum des fonds pouvant être détenus par le titulaire de la carte.

Le consommateur est donc garanti par la loi que le professionnel est couvert par une RCP et que les fonds qu'il verse sont garantis financièrement.

Les fonds versés par le candidat acquéreur correspondent en général à 10% du prix d'achat du bien.

Cette somme est restituée au candidat acquéreur si la vente ne se réalise pas ou versée au notaire ; exceptionnellement, elle peut servir à dédommager le vendeur en cas de faute de la part du candidat acquéreur.

Quant à la commission, le montant est négocié librement entre le vendeur et l'agence et rémunère un service à ce ci près qu'aucune somme n'est dûe si la vente n'est pas réalisée par l'agence. Situation pour le moins étonnante car quelles que soient les diligences de l'agent immobilier (pubicités, visites, reporting, ...) il n'a droit à rien s'il ne vend pas lui-même le bien, sauf mandat exclusif.

Pour ce qui est du choix de l'agence : fiez-vous à votre intuition.

La notorité est une chose, votre interlocuteur en est une chose.

De sorte qu'une agence notoirement connue localement qui n'utilise que des négociateurs juniors vous procurera un service moindre qu'une agence moins connue mais employant des négociateurs expérimentés.

Faites vos jeux et bonne vente.

 

Par Douglas TABET
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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /2009 20:38
Louer un logement est devenu un véritable parcours du combattant.

Quelles sont les règles de base que retient un professionnel de l'immobilier pour évaluer un dossier de candidature de location?

Premièrement, le professionnel affectionne les revenus plus que le patrimoine : en clair, si vous avez un gros patrimoine mais pas de revenus, désolé de vous faire savoir que vous n'êtes pas ce que recherchent les professionnels.

Pourquoi?

Tout simplement parce que la question est de savoir : tel candidat locataire aura-t-il les moyens (entendre les revenus) nécessaires pour payer son loyer et ses charges locatives?

C'est une question de bon sens.

Pas de revenus suffisants, pas de location sauf dispositif social d'aide à l'accès au logement.

Qu'est-ce qu'on entend par revenus suffisants?

Réponse : la même chose qu'un banquier qui étudie une demande de prêt.

Il est démontré que lorsqu'un couple "lambda" consacre plus du tiers de ses revenus au paiement du loyer de son logement, le "taux de sinistralité" augmente.

Par ce vocable, il est fait référence aux statistiques en matière d'impayés de loyers et/ou de crédits.

Plus le taux d'endettement (toutes sommes confondues) dépasse 33% des revenus d'ensemble, plus le risque d'impayés augmente.

C'est la raison pour laquelle il est si difficile de faire accepter un dossier "limite" par un professionnel.

Ce premier filtre élimine déjà un bon nombre de candidats car les loyers ont atteint des niveaux élevés difficilement conciliables avec le revenus des ménages.

Deuxièmement, le professionnel aime la stabilité.

Une bonne ancienneté chez le même employeur (2 ans et plus), le fait de vivre en couple (même durée), d'être marié ou pacsé, d'avoir des enfants sont autant de signaux favorables.

Cependant, plus la famille est grande, plus les charges familiales augmentent et donc plus le taux d'endettement recherché doit être faible (descendre à 25% par exemple).

En croisant ces critères, cela réduit de beaucoup les chances pour un candidat locataire d'accéder au logement qu'il convoite.

Cependant, il existe des dispositifs d'accompagnement pour l'accès au logement en direction des ménages ne emplissant pas les critères énoncés plus haut.

Pour plus de détails sur les aides, pensez à consulter le site de l'Agence Nationale d'Information sur le Logement sur son site :  www.anil.org

Cette association est présente sur tout le territoire national au travers des agences départementales.
Par Douglas TABET
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 13:55
Depuis plus de trois années, j'interviens périodiquement sur les ondes de la station Bleu Ile-de-France 107.1 (groupe RadioFrance).

A partir du  mardi 25 août 2009, c'est un mardi sur deux de 10h à 11h dans l'émission "C bon à savoir" animée par Arnaud BALME.

Le but de ces émissions d'une demie-heure est d'apporter des réponses aux questions des autiteurs en matière de logement et d'immobilier.

Le nombre important de questions parvenant à l'antenne en direct ne permet pas qu'il soit répondu à toutes.

Sur mon site, vous pouvez poser votre question afin que je puisse y apporter une réponse très rapidement.

Les grilles de programmation à la radio vont de septembre à juin de l'année suivante : compte-tenu de la forte participation des auditeurs à ce rendez-vous bi-mensuel, il est probable que l'émission soit reconduite pour la prochaine année radiophonique.

Si vous avez un thème d'émission que vous souhaiteriez voir traité, faites-le moi savoir par mél à radio@douglastabet.com

Par Douglas TABET
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 15:42
Il existe dans l'année une période propice aux transactions immobilières : c'est entre mars et septembre.

Les logements "familiaux" trouveront acquéreurs plus facilement entre mars et juin pour que le déménagemenet puisse intervenir avant la rentrée scolaire de septembre.

La vente de biens immobiliers est donc une activité saisionnière.

Mais que faire pendant cette période propice lorsque l'on est en position "vendeur"?

Il est normal de regarder derrière soi pour envisager l'avenir, mais en matière d'évaluation immobilière cela s'avère plus complexe dans le contexte actuel.

Le marché est globalement à la baisse même si certaines "niches" de produits résistent encore (biens atypiques ou de qualité exceptionnelle et très bien situés).

En revanche pour les biens immobiliers plus classiques, sans attrait particulier, pire, avec de gros défauts (secteur bruyant, environnement dégradé, exposition au nord, vis-à-vis, ...) il faut s'attendre à des baisses de prix de l'ordre de 15 à 20 % par rapport à ceux de même époque en 2008.

A noter qu'il est difficile de baisser spontanément : mais que se passe-t-il quand un bien est mis en publicité et qu'il ne "sonne" pas?

Deux possibilités :
- soit amorcer une baisse de pure forme ( 10.000 € sur un bien de 400.000 €)
- soit se demander quel serait le prix "d'appel".

Deux cas se présentent :
-  jouer la montre (on n'est pas pressé et on verra bien)
- se dire que les miracles ne se rencontrent qu'à Lourdes et baisser à un prix "psychologique".

Ce prix psychologique correspond soit à une valeur arrondie (390.000 € au lieu de 410.000 € par exemple), soit à un prix du m² : descendre à 4.900 € ce qui est proposé à 5.500 € par exemple.

Il est important que la stratégie employée pour la commercialisation soit clairement définie : il n'est pas interdit de rêver mais les rêves ne se transforment que rarement en réalité.

Si vous envisagez une vente de particulier à particulier, regardez les autres annonces similaires et positionnez vous 5% en dessous.

Si vous avez recours aux services d'un agent immobilier, étudiez avec lui la meilleure stratégie possible.

En cas de recours aux services d'un agent immobilier, pensez à privilégier le mandat exclusif en limitant la durée initiale à un mois, avec faculté de reconduction tacite.

Une absence de visite sur une période de plus d'un mois signifie clairement que  le prix de votre bien est hors marché.

Pour plus d'informations personnalisées, contactez moi : DouglasTabet@douglastabet.com ou au 01.41.16.09.50.




 
Par Douglas TABET
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